LE DOMAINE DE CHATEAU DUCRU-BEAUCAILLOU
Le Château Ducru-Beaucaillou, dont l’origine remonte au début du XVIIIème siècle, doit son nom aux ‘beaux cailloux’ qui caractérisent son terroir et dont les exceptionnels avantages viticoles se traduisent dans la finesse et l’élégance des vins qu’il permet de produire. C’est au titre de ce terroir que Ducru-Beaucaillou est souvent considéré comme la quintessence, l’archétype même de l’appellation contrôlée Saint-Julien.
C’est l’un des 14 crus classés seconds dans le classement de 1855 qui regroupe 61 des 75 plus beaux vins de Bordeaux et l’un des rares à appartenir à la catégorie des « super seconds ».
Le Château Ducru-Beaucaillou et les vignes qui l’entourent sont perchés sur un magnifique site du Médoc offrant une vue imprenable sur l’estuaire de la Gironde qui, avec une largeur de 5 km ici, agit comme un puissant modérateur climatique.
C’est l’un des seuls châteaux de la région bordelaise qui soit bâti directement sur les chais et l’un des rares à être occupé en permanence par ses propriétaires. Depuis plus de soixante ans Ducru-Beaucaillou appartient à la famille Borie aujourd’hui constituée en société anonyme regroupant Monique Borie, sa fille Sabine Coiffe et son fils Bruno-Eugène qui la dirige.
Le terroir viticole de Ducru-Beaucaillou et son site topographique sont à bien des égards favorables à la production de grands vins.
Le terroir communal de Saint Julien (800 hectares) se caractérise par une couverture de graves garonnaises datée du Quaternaire ancien (Günz) qui s’amenuise progressivement d’Est en Ouest pour finir, sur la partie occidentale de l’aire d’appellation, par de fines graves blanches et des sables éoliens. Les 75 hectares qui constituent le vignoble de Ducru-Beaucaillou se répartissent sur la partie orientale de ce grand terroir communal.
Au plan topographique, le vignoble de Beaucaillou débute immédiatement au dessus des terres basses de la palu girondine, à 800 mètres de l’estuaire, pour s’étendre à l’ouest où il culmine à environ 16 mètres au dessus du niveau de la mer, assurant ainsi un écoulement naturel des eaux de pluie vers la Gironde à l’Est ou pour sa partie occidentale, au Nord dans le ruisseau de la Mouline.
L’ensemble du terroir se distingue par une nappe de graves Gunziennes d’une épaisseur de 6 à 8 mètres déposés par une ancienne Garonne il y a deux millions d’années, au début du quaternaire et qui sont caractéristiques des terroirs des meilleurs grands crus classés qui dominent « la rivière » de Margaux au Sud à Saint Estèphe au Nord avec peut-être ici un peu plus de graviers.
Lorsque l’on se promène dans les vignes, on peut faire une véritable et abondante moisson lithologique. On y repère principalement les roches quartzeuses qui on fait la réputation de cette fameuse nappe : galets blonds et blancs (« sucre du cantonnier »), silex blancs et noirs et cailloux de grès dur originaires du massif central, enrichis de quartz agatoïdes du Rouergue et de lydiennes des Pyrénées, cassantes comme du verre, ainsi que de galets, présentant de somptueux dégradés de rouge, de rose, de blanc cassé et même des marbrures vertes, issus de ce même massif pyrénéen.
A Ducru-Beaucaillou, on note, dans ce mélange de graves à première vue déroutant, la présence de très gros cailloux qui peuvent mesurer 10, parfois 20 centimètres de longueur et celle dominante de gros galets. Ils sont complétés de graves moyennes (« dragées ») de 20 à 30 mm ainsi que de graviers (2 à 20 mm) ensembles associés à une « matrice » fine composée de sables, grossiers et fins, de limons et d’argiles.
Les avantages des cailloux sont nombreux qui notamment :
- favorisent le drainage des sols,
- reflètent le soleil sur les grappes dans ces vignobles étroitement plantés,
- emmagasinent la chaleur diurne pour la rétrocéder la nuit,
- forment un tapis protecteur limitant la dessiccation des sols pendant les fortes chaleurs estivales etc.
Ces graves datées du Quaternaire ancien sont posées ici sur un substratum tertiaire constitué d’argiles de l’oligocène inférieur et des assises éocènes calcaires.
Au bout du compte, ce sont des sols quartzeux et siliceux, vierges de calcaire, maigres et acides, à faible capacité de bases échangeables. C’est justement cette pauvreté « agrologique » qui leur confère une grande valeur pour la production de vins d’exception et leur a valu d’être repérés comme tels par les générations fondatrices au XVIIIème siècle.